
Samira Maaoui-Bayard
Créatrice et fondatrice de ThéRâPie
Les origines de ThéRâPie
Je suis née entre deux héritages.
Du côté normand de ma famille, l’alimentation a toujours occupé une place centrale. Une cuisine simple, authentique, familiale, profondément liée au rythme des saisons. Je garde en mémoire le tracteur de mon grand-père, les récoltes dans son jardin, les animaux à nourrir, cette relation directe et humble à la terre. Là, j’ai appris que bien manger commence par le respect du vivant, de ce qu’il offre, au bon moment.
Du côté de mon père tunisien, une autre sensibilité s’est transmise. Mon grand-père était jardinier, passionné par les fleurs et la nature. Un rapport plus contemplatif, où l’on observe, où l’on prend soin, où la beauté compte autant que la fonction.
Ces deux héritages m’ont naturellement menée vers une cuisine végétarienne et végétale, où la simplicité, le goût juste et l’équilibre sont essentiels à une bonne nutrition. Bien avant d’en connaître le nom, j’étais déjà proche de l’esprit du shōjin ryōri : une cuisine de sobriété, de respect et d’attention portée à chaque ingrédient.
J’ai toujours été sensible à la notion de cuisine d’auteur, à une cuisine qui raconte une relation au monde. La lecture du livre « Les herbes sauvages » de Nakahigashi Hisao a profondément renforcé cette vision : une cuisine de la cueillette, de la nature, du silence, où l’on écoute le vivant plutôt que de le dominer.
Pourquoi le Japon ?
Grâce à l’Amour, mon mari, qui m’a fait découvrir ce pays il y a plus de vingt-deux ans. Le Japon a été une évidence. J’y ai retrouvé toutes mes valeurs : le respect — des gestes, des saisons, des personnes —, une architecture pensée pour le vide autant que pour la matière, une esthétique de la retenue, et bien sûr, le thé.
La découverte du wabi-sabi a été un tournant. Cette philosophie m’a appris à reconnaître la beauté dans l’imparfait, l’éphémère et le discret. C’est naturellement par elle que je suis arrivée au thé, non pas comme simple boisson, mais comme art de vivre, rituel, soin.
À l’origine, je ne souhaitais créer qu’un salon de thé.
Puis il y a eu ce lieu.
Ces deux héritages m’ont naturellement menée vers une cuisine végétarienne et végétale, où la simplicité, le goût juste et l’équilibre sont essentiels à une bonne nutrition. Bien avant d’en connaître le nom, j’étais déjà proche de l’esprit du shōjin ryōri : une cuisine de sobriété, de respect et d’attention portée à chaque ingrédient.
J’ai toujours été sensible à la notion de cuisine d’auteur, à une cuisine qui raconte une relation au monde. La lecture du livre « Les herbes sauvages » de Nakahigashi Hisao a profondément renforcé cette vision : une cuisine de la cueillette, de la nature, du silence, où l’on écoute le vivant plutôt que de le dominer.
Pourquoi le Japon ?
Grâce à l’Amour, mon mari, qui m’a fait découvrir ce pays il y a plus de vingt-deux ans. Le Japon a été une évidence. J’y ai retrouvé toutes mes valeurs : le respect — des gestes, des saisons, des personnes —, une architecture pensée pour le vide autant que pour la matière, une esthétique de la retenue, et bien sûr, le thé.
La découverte du wabi-sabi a été un tournant. Cette philosophie m’a appris à reconnaître la beauté dans l’imparfait, l’éphémère et le discret. C’est naturellement par elle que je suis arrivée au thé, non pas comme simple boisson, mais comme art de vivre, rituel, soin.
À l’origine, je ne souhaitais créer qu’un salon de thé.
Puis il y a eu ce lieu.
Dès la première visite, j’ai ressenti une connexion immédiate. Tout semblait chargé d’une mémoire silencieuse. J’avais l’impression que ce lieu était fait pour moi, et peut-être aussi que j’étais faite pour lui.
Au fil de la rénovation, il y a eu l’âge du bâtiment les pierres, le bois, les traces du temps,… mon projet a mûri en même temps que le lieu se révélait. Chaque étape ouvrait une nouvelle possibilité. Le sous-sol est devenu un espace de soin. Les niches se sont transformées en espaces tatami. Le vestiaire est devenu la cuisine. Rien n’a été imposé. Tout s’est dessiné naturellement, dans l’écoute et le respect de ce qui existait déjà.
Comme dans une thérapie, je respirais de mieux en mieux.
Ma vision se clarifiait, s’affinait. Le lieu me guidait autant que je le façonnais.
Je crois profondément, à l’image de la culture japonaise, que chaque lieu possède une âme. Ici, j’ai ressenti ce que les Japonais appellent ichigo ichie : la conscience d’une rencontre unique, précieuse, qui ne se reproduira jamais de la même manière.
Nous étions faits pour nous rencontrer. Et quand on y pense, il y a aussi le nom du lieu :Rue du Curé.
Le mot curé vient du latin cura, qui signifie le soin, l’attention, la sollicitude.
Celui qui veille, qui accompagne, qui prend soin.
Cette résonance m’a profondément touchée. Sans l’avoir cherché, ThéRâPie s’est installée dans une rue dont le nom porte exactement ce que je souhaitais offrir : un lieu de soin, non pas religieux, mais humain. Un espace où l’on accompagne autrement, par la cuisine, le thé, le vin et saké, le silence, le geste juste.
Puis sont venues les rencontres humaines. Les producteurs, les artisans, les employés, les clients. Peu à peu, ThéRâPie est devenu un lieu vivant, habité, nourri par des présences, des histoires et des intentions.
C' est la matérialisation sensible de mon cheminement :
une constellation de mes valeurs, de mes héritages et de mes références culturelles.
Un espace de respiration où le thé, le saké-vin, la cuisine du vivant, le soin, le wabi-sabi et l’humain dialoguent en permanence grâce à la culture japonaise.
ThéRâPie est une invitation à ralentir, à ressentir, et à se reconnecter à l’essentiel.
