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Mariko san

L’âme des traditions et du savoir-faire japonais. Son engouement et sa passion au sein de ThéRâPie sont essentiels et très appréciés par tous.   

Interview 

Vous avez plus de 15 ans d’expérience en tant qu’artisane de wagashi. Qu’est-ce qui vous a attiré vers cet art au départ ?
J’ai toujours adoré confectionner des douceurs. Enfant, je préparais des gâteaux et des biscuits pour les partager avec ma famille et mes amis. Voir les gens savourer ce que j’avais créé me remplissait de bonheur, même à cet âge. Quand j’ai intégré une école culinaire et étudié non seulement la pâtisserie occidentale, mais aussi les wagashi, j’ai découvert la culture, la tradition et le savoir-faire japonais. Les wagashi, en particulier, se préparent rarement à la maison et exigent des techniques très spécialisées. Cette profondeur et cette singularité m’ont irrésistiblement attirée vers cet univers.

Vous avez travaillé à Kyoto, Osaka et Tokyo. Comment ces différents lieux ont-ils influencé votre approche des wagashi ?
Les wagashi se sont développés dans deux grandes régions culturelles : le Kanto (est du Japon) et le Kansai (ouest du Japon). Au-delà des différences de saveurs, leurs approches artistiques sont particulièrement distinctes. Au Kanto, les wagashi représentent souvent la nature de manière réaliste, tandis qu’au Kansai, on privilégie l’abstraction, laissant le nom du sweet inspirer l’imagination de celui qui le déguste. Ces deux styles ont leur propre beauté, et avoir vécu dans chaque région a enrichi ma pratique d’une profondeur unique.

Votre travail est profondément lié aux saisons. Que représente la saisonnalité pour vous dans la création de wagashi ?
Le Japon est un pays marqué par ses quatre saisons, et les wagashi en sont le reflet. Les cerisiers en fleurs au printemps, les feux d’artifice en été, les feuilles d’automne et la neige en hiver : chaque saison a ses propres symboles. Le wagashi n’est pas qu’un simple dessert, c’est une forme d’art qui exprime le passage des saisons et permet d’en ressentir les subtiles transitions.

Vous avez reçu plusieurs prix nationaux pour votre savoir-faire. Comment ces reconnaissances influencent-elles votre travail aujourd’hui ?
Remporter un concours demande à la fois du talent et de la sensibilité. Si la chance peut jouer un rôle, aucune récompense ne s’obtient sans effort. Bien sûr, je suis reconnaissante pour ces distinctions, mais elles signifient surtout que j’ai acquis des techniques dignes de telles reconnaissances. Grâce à ces expériences, j’ai noué des liens précieux et pu m’immerger encore davantage dans l’univers des wagashi.

Vous êtes également formée à la cérémonie du thé Urasenke. En quoi la philosophie de cette cérémonie influence-t-elle vos créations de wagashi ?
Les wagashi servis lors d’occasions spéciales diffèrent de ceux préparés pour la cérémonie du thé. Dans ce contexte, le wagashi n’est pas l’élément central. L’harmonie de l’espace tout entier — les ustensiles, les kakemonos (rouleaux suspendus) et l’atmosphère — est essentielle. Le wagashi y joue un rôle de soutien, sublimant l’ensemble plutôt que de se démarquer. Trouver cet équilibre est un défi, mais aussi une source de fascination sans fin.

Qu’est-ce qui compte le plus pour vous lorsque vous créez un wagashi pour ThéRâPie ?
Ce qui m’importe avant tout, c’est de réaliser quelque chose de véritablement délicieux, tout en restant fidèle aux wagashi traditionnels transmis de génération en génération.

Y a-t-il un wagashi ou une technique qui vous tient particulièrement à cœur ?
Le nerikiri occupe une place spéciale pour moi. C’est un sweet extrêmement exigeant, car la pâte de haricots est entièrement travaillée à la main, mais il est indispensable pour exprimer les saisons et incarne l’essence des wagashi traditionnels.

Comment équilibrez-vous tradition et expression personnelle dans votre travail ?
Quand je vois des wagashi en Europe, j’ai souvent l’impression que les créations véritablement traditionnelles sont rares, et que beaucoup ressemblent à des pâtisseries occidentales réalisées avec des ingrédients japonais. Elles sont certes délicieuses, et j’en apprécie moi-même. Pourtant, les wagashi traditionnels portent en eux toute la culture japonaise. Je continue à en créer pour permettre aux gens de vivre cette culture. En parallèle, je m’efforce de développer des saveurs qui parlent aux clients européens, tout en restant accessibles.

Que souhaitez-vous que les clients de ThéRâPie ressentent en découvrant vos wagashi ?
J’espère qu’en dehors du Japon, les gens pourront vivre la sensation des saisons et des saveurs comme s’ils y étaient.

Y a-t-il un détail dans votre travail que les clients ne remarquent peut-être pas, mais qui compte énormément pour vous ?
Pour le nerikiri, je prépare la pâte de haricots en utilisant un tamis extrêmement fin pour obtenir une texture plus lisse et un fondant en bouche optimal. Je crois que ceux qui y prêtent attention perçoivent la différence.

Enfin, que représente pour vous le fait de partager les wagashi en dehors du Japon ?
Pour moi, c’est partager la tradition et la culture japonaises. Le wagashi se vit avec les cinq sens : son apparence, son arôme, sa texture, sa saveur, et même le son et la résonance de son nom. Le nom d’un wagashi invite à l’imagination : à quoi ressemble ce wagashi, pourquoi porte-t-il ce nom, et quelle histoire se cache derrière ? Comprendre cela, c’est aussi comprendre la culture japonaise. Cela dit, si quelqu’un trouve simplement mes wagashi délicieux, c’est déjà une immense joie.

J’espère continuer à offrir des wagashi toujours meilleurs dans les années à venir.

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